Mes recherches du côté de la peinture de paysage m’ont petit à petit amené à en détourner les codes.

Il ne s’agit plus de traquer la plus belle vue, mais de braquer le projecteur sur celui qui contemple, scrute, arpente ou occupe un paysage: le touriste, le voyageur, le randonneur, le photographe, le peintre.

S’il y a bien une constante dans mon travail, c’est celle du déplacement de l’œil, de la caméra, de l’appareil photo. D’où un regard qui oscille entre absorption classique et scanning.

Romain, fin 2014, 70x90cm, acrylique sur toile

Winton region, Australia, 2015, 70x90cm, acrylique sur toile

Wallaman falls, Australia, 2015, 70x90cm, acrylique sur toile

Marina, 2015, 70x90cm, acrylique sur toile

Cédric, fin 2015, 70x90cm, acrylique sur toile

Nico, début 2016, 70x90cm, acrylique sur toile

Scenic lookout, début 2016, 70x90cm, acrylique et aérosol sur toile

Salade de pâtes au Piton des Neiges, mars 2016, 140x160cm, acrylique sur toile

«Vue du Piton des Neiges » met le regard en crise.

Le personnage regarde au loin, il scrute le paysage, mais ce qu’il voit est à peine visible pour le spectateur. Il faut s’approcher et porter attention au reflet dans ses lunettes de soleil. C’est un « coup d’œil » à deux bandes : le spectateur regarde un homme qui regarde un paysage que le spectateur ne voit pas.
Ce jeu de regard est ce qui sous-tend mon travail actuel : empêcher le spectateur de contempler un paysage dans son ensemble. Lui donner envie sans tout lui montrer, induire le hors champs, appeler au voyage.

Salade de pâtes au Piton des Neiges (détail)

Salade de pâtes au Piton des Neiges (détail)

Vue et hors-champs: de l'autre côté.

Date
2016